Qui était Le DR Aristide LE DANTEC?

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LA Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop a fêté ses cent ans en 2016. Cette commémoration a coïncidé avec l’organisation du concours d’agrégation du Cames qui a eu  lieu cette année dans notre pays. Occasion de rendre un hommage mérité au fondateur de l’Ecole de médecine de l’Afrique occidentale française qui deviendra plus tard la Faculté de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de stomatologie de l’Université de Dakar, le docteur Aristide Le Dantec. Comment cet officier de l’armée coloniale française dont un des hôpitaux de Dakar porte le nom a-t-il été amené à la création de l’école de médecine africaine ? Par le fait de ses tribulations militaires qui l’ont conduit sur tous les théâtres d’opération de l’armée française, ce médecin a fini par se faire un nom auprès des autorités françaises et des représentants africains en métropole.

C’est dans, les colonies qu’il a fait ses armes, en Guyanne d’abord, puis en Indochine, avant de retourner en métropole. Il sera affecté en Afrique le 24 novembre 1913, avec le grade de médecin major de 1ère classe. Il est nommé médecin-chef de l’ambulance de Kayes, dans le Soudan français (aujourd’hui république du Mali) ; il ne garde pas, cependant, longtemps ce poste qu’il occupe depuis le 23 avril 1914, étant rapidement rappelé à Dakar. Le 2 août 1914… La Première Guerre mondiale le surprend exerçant à l’hôpital colonial de Dakar en qualité de chef des services médicaux. Mais sa valeur militaire et sa compétence chirurgicale l’appellent en France, pour prendre part à la campagne d’Allemagne. En bon soldat, il y accomplira des actes héroïques mais les circonstances l’amèneront bientôt à revenir servir en Afrique. Pour la petite histoire et selon l’un de ses biographes, c’est Blaise Diagne qui sera à l’origine du deuxième séjour d’Aristide Le Dantec en Afrique, qu’il mettra à profit pour accomplir une mission qui lui est confiée dans le bureau du chef du gouvernement français de l’époque, Georges Clemenceau. Voici ce qu’écrit le biographe de Le Dantec : «En mars 1918, Georges Clemenceau, alors président du Conseil, voulut donner à la Fédération africaine francophone un témoignage de la reconnaissance du gouvernement pour son effort exceptionnel de guerre ; il toucha, à cette intention, le haut-commissaire des troupes noires, Blaise Diagne, qui était à l’époque le député du Sénégal ; à la demande de ce dernier, Aristide Le Dantec fut attaché au cabinet de Clemenceau comme conseiller technique.

Lors de l’entrevue ménagée entre les deux hommes politiques pour résoudre la question suivante : «Comment récompenser les ressortissants d’outremer de l’Afrique noire française», Le Dantec, qui avait été convié à cet entretien, fit une proposition directe, ainsi rapportée, plus tard, par le Dr André Coulbary, ancien élève de l’Ecole africaine de médecine (première promotion – 1922) : «Les troupes noires ont fait leur devoir en s’illustrant dans les différents champs de bataille… Beaucoup de médecins blancs y ont trouvé une mort glorieuse… Des soins à prodiguer à la population noire africaine francophone se poseront à la fin des hostilités… Pour répondre à cette pénurie, la France doit créer, à l’exemple de Madagascar et de l’Indochine, une école de médecine d’où sortiront des praticiens de haute valeur morale et professionnelle, qui remplaceront ceux qui sont tombés au champ d’honneur». Blaise Diagne appuya cette proposition que Clemenceau accepta. Il fallait quelqu’un pour réaliser ce hardi et ambitieux programme dont la mise sur pied et l’aboutissement représenteraient la plus belle récompense de la France à l’Afrique. Le Dantec était tout désigné pour remplir ce rôle. Ainsi donc, le 10 mai 1918, Aristide Le Dantec est nommé directeur de l’Ecole de Médecine de l’Afrique Occidentale Française (décret du 9 juin 1918). A son arrivée à Dakar, il organise et met en place ce qui s’appellera d’abord l’Ecole de Médecine, de Pharmacie, de Sages-Femmes et de Vétérinaires.

Ouverte de novembre 1918 à juillet 1953, l’Ecole africaine de Médecine aura formé 32 promotions médicales, soit près de 800 praticiens. C’est dans cette école que seront formés de grands hommes comme Félix Houphouët- Boigny, ancien président de la République de Côte d’Ivoire ou encore le docteur Daouda Sow, ancien président de l’Assemblée nationale du Sénégal… Indépendamment de l’Ecole, une Faculté de Médecine fut créée à Dakar en 1949 ; celle ci a progressivement remplacé celle-là. Mais c’est seulement en 1960 que la Faculté de médecine sera officiellement installée. Aujourd’hui des pays comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont honoré le docteur Aristide Le Dantec. A Dakar, outre l’hôpital qui porte son nom, une rue a également été baptisée Arsitide Le Dantec.-