ASAC NDIAMBOUR, La descente progressive aux enfers

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« La nostalgie n’est plus ce qu’elle était ». Le titre du célèbre roman de l’actrice française Simone Signoret s’applique à merveille à Louga quand il s’agit de parler de football. Il est loin aujourd’hui cet âge d’or, ces merveilleux moments de rêve où tous les Lougatois s’identifiaient fièrement à l’équipe du Ndiambour. Venant des profondeurs du pays, inconnu au bataillon quelques mois plus tôt, le Ndiambour tenait tête aux plus grandes formations du pays, à celles qui faisaient les parcours les plus honorables dans la seule compétition internationale de l’époque, la coupe de l’AOF. C’était du temps où Laye Diaw avait pris le relais de « Allou » Alassane Ndiaye à la RTS, et qui savait dire ce que valait ce Ndiambour-là. Ce Ndiambour des Boubacar Diallo Poulho, Ibou Ndaw Kébé, Ibou Ndaw Diaw, Gagne Sarr et consorts dont Laye Diaw disait qu’il est «plus facile d’aller sur la lune que d’aller prendre les trois points de la victoire au stade Wattel de Louga». Un jour, Serigne Aly Cissé  a demandé aux joueurs du Ndiambour  ce qui faisait la force de cette équipe.  Ils lui répondirent que «la joie de jouer était le seul talisman du Ndiambour». 

Pour dire qu’il y avait dans ce Ndiambour à la fois du talent et de la rigueur, de la passion et de l’abnégation. C’étaient les fils de Louga qui défendaient les couleurs de Louga, car l’équipe était l’émanation de tout ce que la ville comptait comme sportifs. Les ténors des Navétanes en étaient les héros et les populations de tous les quartiers étaient fières de compter leurs enfants parmi cette équipe. Toute la population s’identifiait à ce Ndiambour qui avait réussi à fédérer hommes et femmes, vieux et jeunes. Les Lougatois qui participaient à la vie financière du club  étaient fiers de brandir leur carte de membre pour montrer leur appartenance au club. Mieux pour participer à l’Assemblée générale annuelle, il fallait montrer cette carte pour accéder à la salle. Les cotisations de membre du comité directeur étaient de rigueur et étaient déterminantes dans le cadre du tiers sortant au moment de renouveler les membres du comité directeur. Avec des dirigeants compétents et engagés, des structures opérantes dont les décisions étaient mûrement réfléchies, il y avait de quoi avoir la tête haute comme le voulait la devise du club «  Bokk Dolee Ci Warwi ». 

Ce Ndiambour-là a disparu.  Il s’est noyé aujourd’hui dans les eaux de la médiocrité. Pourtant l’équipe avait su durant la décennie précédente conserver quelques restes de cette période glorieuse.  Elle a gagné à trois reprises le championnat national et même en fait quelques « perfs » remarquables en coupe d’Afrique avec les générations des Salla Dieng, Arona Niang Moctar Dieng NGagne Diop, Mor Thiam Deukh, Bandiougou Guissé, etc. Des résultats qui étaient dues à un management exemplaire sous l’ère de la présidence de Magued Diouf.  

Un président non coupable mais responsable

Qu’est-ce qui donc explique aujourd’hui cette léthargie. Voilà deux ans que l’équipe, scotchée à la 9ème ou 10ème place, joue les utilités de dernière heure pour ne pas sombrer. Cette année, elle est à la lisière de la zone rouge avec quatre défaites, deux victoires et un nul. Le moindre faux pas peut lui être fatal. Un retour en deuxième division serait la preuve d’une incompétence manifeste dans le management de l’équipe. 

 Pourtant, les nouveaux dirigeants du Ndiambour ont ajouté à la devise  Ànd ce qui fait  « And bokk dolee ci warwi » mais on se rend compte ce sont des mots pour rien, des mots en l’air. La stratégie pernicieuse de ces dirigeants qui se sont « patrimonialisé » l’équipe en faisant le vide atour d’eux. Ils sont seuls maitres à bord. Pour se livrer à leurs combinazione. Les Lougatois comme timorés les avaient laissé faire. Mais la goutte  commence à déborder le vase. Trop, c’est trop. Il faut absolument mettre un terme à cette accaparation, cette mise sous coupe du club. 

 Les supporters commencent à grincer des dents et la déferlante risque de faire des dégâts. L’année dernière les supporters s’étaient mis en rouge, ce qui était une première à Louga pour montrer le mécontentement. La responsabilité du président est d’avoir reconduits des dirigeants qui avaient lamentablement échoué. Des dirigeants qui ne pensent qu’à leur équipe navétane. Le recrutement des joueurs de cette année est une véritable erreur que l’entraineur n’aurait jamais dû accepter même s’il en porte assez faussement la responsabilité. L’élimination prématurée en coupe du Sénégal par le Jamono de Fatick qui évolue en division inférieur, le comportement en dents de scie en championnat montrent qu’il est grand temps pour le président de reprendre en main cette équipe. Le président fait de belles choses en trouvant un sponsor pour l’équipe. En attestent les équipements du club, les salaires payés régulièrement, les frais de regroupement qui ne souffrent d’aucun retard. Il dépense une fortune pour de piètres résultats.  Mais il faut reconnaître que c’est lui qui a donné à ces dirigeants les rênes du club et que ces derniers en font leur jouet au détriment de toute la ville. Une réaction ferme est attendue du Président pour éviter que ces dirigeants ne fassent couler cette équipe chère à toute une ville. Parce même s’il n’est coupable, il est responsable.

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